Aménager un van

Contrôle technique des fourgons aménagés : qu’est-ce qui change ?

contrôle technique

Un jour, vous avez entendu des rumeurs à son sujet. Puis vous avez lu beaucoup d’articles pour connaître la vérité. Et vous êtes allés chez votre garagiste pour enfin savoir… Et oui, le changement du contrôle technique pour voitures, fourgons, vans… ce n’est pas une légende ! En effet, à partir du 20 mai 2018, une nouvelle réglementation se met en place pour tous les véhicules. Alors qu’est-ce qui va changer ? On vous dit tout !

 

Un contrôle technique, c’est quoi ?

Le contrôle technique, ou visite technique périodique, est obligatoire depuis 1992 pour tous les véhicules légers (moins de 3,5 tonnes). Son objectif : augmenter la sécurité des usagers sur les routes (afin d’éviter les véhicules ne répondant pas aux critères de sécurité). Tous les véhicules de 4 ans et plus sont concernés et le contrôle doit s’effectuer tous les 2 ans. Lors de cette visite, le professionnel vérifie alors 123 « points » sur votre véhicule. S’il constate des défauts majeurs ou des anomalies, il notent les points à corriger avant la contre-visite, 2 mois plus tard. Charge à vous alors de faire le nécessaire pour valider votre contrôle technique. Mais avec la nouvelle réglementation qui arrive en mai, des changement s’opèrent notamment sur les points de contrôle, la contre-visite ou l’aménagement des fourgons (ce qui nous intéresse !).

 

Le nouveau contrôle technique en 2018 : ce qui va changer

La France appliquera dès mai 2018 une directive européenne datant de 2014 visant à l’harmonisation du contrôle technique en Europe.  L’objectif reste le même qu’en 1992 : diminuer le nombre de victimes d’accidents de la route (-50 % d’ici 2020).

Voici les principaux changements :

contrôle technique

  • Désormais, les points de contrôle passent de 123 à 133. Ces points sont répartis en 9 fonctions : visibilité, feux, freinage, direction, châssis, pneus (comprenant essieux, roues, suspensions…), nuisances, identification du véhicule et autre matériel (ceintures, airbags, klaxon…).
  • 610 défaillances (contre 411 actuellement) passées au crible. Qu’est-ce qui peut être visé ? Un siège conducteur mal fixé, une direction bloquée, une fuite excessive de liquide, une absence de rétroviseur, des feux stop qui ne fonctionnent pas, des pneus trop usés…
  • Un nouveau degré de sanction : le stade critique (ça fait peur !). Aujourd’hui, il existe : la défaillance mineure, qui n’impose pas de contre-visite et qui valide le contrôle pour 2 ans, et la défaillance majeure, obligation de contre-visite dans les 2 mois (fissure sur le pare-brise par exemple). A cela s’ajoute la défaillance critique (comme des pneus trop usés par exemple) : la validité du contrôle est alors limitée au jour du contrôle tant que les réparations ne sont pas effectuées. En gros, vous avez 24 h pour faire les réparations sinon on pourrait bien vous immobiliser le véhicule… Chouette !
  • Le prix de la contre visite augmente, entre 20 € et 30 €. Les cas fréquents de contre-visite : éclairage, freinage, pollution…
  • Le contrôle technique devient plus long (logique vu tous les points à contrôler) mais du coup cela se répercute sur le prix : augmentation de 20 % à 30 %.

Les sanctions

Un véhicule contrôlé sans validation d’un contrôle technique s’expose à une amende de 135 € + immobilisation du véhicule + confiscation de la carte grise.
Avec le nouveau contrôle technique, si une défaillance majeure ou critique constatée n’est pas réparée, vous vous exposez à une amende de 750 € ou plus.

 

Et pour les fourgons aménagés et vans ?

contrôle technique

Parce que oui, c’est ce qui nous intéresse, de savoir ce que ce nouveau contrôle technique va changer pour les fourgons aménagés. L’État va ainsi imposer de mettre en conformité le certificat d’immatriculation avec le type de véhicule. Qu’est-ce que cela veut dire ? Selon votre véhicule, votre carte grise mentionne VP pour voiture particulière ou CTTE pour véhicule utilitaire. Pour être en règle avec votre aménagement dit « camping-car », vous devez alors avoir la mention VASP caravane (pour Véhicule Automoteur Spécialisé dont le poids total est inférieur ou égal à 3,5 t). Donc, si vous présentez un fourgon aménagé avec la mention VP ou CTTE, vous n’êtes pas conforme à la réglementation.

Le point névralgique, c’est les installations de gaz et d’électricité. L’objectif de ce nouveau contrôle technique et de supprimer de la circulation des véhicules potentiellement dangereux. Donc à priori, si vous avez des installations gaz ou électricité fixes, vous allez devoir faire homologuer votre véhicule (voir notre article sur l’homologation). L’homologation d’un véhicule n’est pas anodine : cela prend du temps (démarches administratives), de l’énergie (respecter des normes) et de l’argent (pas moins de 700 € en tout).

L’homologation : la bête noire des vanlifers

Se lancer dans l’homologation de son véhicule, il faut l’avouer, c’est pas le plus facile. Même en regroupant toutes les informations glanées à droite à gauche, on se retrouve avec pas mal d’interrogations.
C’est pourquoi vendredi 20 avril prochain, nous assisterons, lors du Salon du véhicule d’aventure, à la conférence de la DREAL  qui va présenter « les dernières évolutions législatives en terme de réception des véhicules destinés aux voyages (camping car, auto-caravane, camions aménagés… ) ». L’occasion également de faire un point sur les nouvelles dispositions relatives au contrôle technique. On vous fera un compte-rendu de cette conférence et on espère qu’elle répondra à nos interrogations !

D’ailleurs, en échangeant avec Anne, bénévole au salon du véhicule d’aventure, nous avons appris pas mal de petites choses concernant le contrôle technique, l’homologation…

  • concernant les lanterneaux que vous souhaitez installer dans votre fourgon :

    La DREAL m’avait dit que les 2 lanterneaux ne poseraient pas soucis puisque je n’avais ni point eau, ni point cuisson (pas d’eau, pas de gaz). Mais notre contrôleur nous a prévenu que l’année prochaine…. on ne passerait pas si on avait pas le VASP CC. De plus, concernant la découpe des lanterneaux, le CT dit non, la DREAL dit OK si le reste de l’aménagement ne correspond pas à un CC.

  • Attention aux aménagements démontables :

     Dernière chose : les aménagements qu’on démonte pour le CT et qu’on remonte ensuite. Les assurances assurent en fonction de la carte grise…. Et en cas d’accident, il y a passage de l’expert. Donc on n’est pas couvert en cas de pépin. 

Comment y échapper ?

Malheureusement il n’y a pas vraiment de solution miracle, il faut s’adapter à la nouvelle réglementation en vigueur. Car pour un fourgon aménagé en camping-car sans mention VASP = pas de contrôle technique.
Pas de contrôle technique = exposition à une amende et une immobilisation du véhicule.
Immobilisation du véhicule = fin du road-trip et de la vanlife. Ca serait dommage !

Seule porte de sortie pour passer outre l’homologation, c’est de disposer d‘installations démontables, ôtées lors du contrôle technique. Cependant, il ne faut pas avoir touché à la structure du véhicule (faire des trous dans la carrosserie par exemple pour poser un lanterneau, une fenêtre…) et il faut avoir conservé l’arrêt de charge du véhicule, entre la cabine et l’habitacle. Des notions qui sont encore floues, autant pour les usagers que pour les contrôleurs.

On mène l’enquête 😉