Portraits

Vanlifers #14 : tour du monde en van avec Sourires autour du monde

tour du monde en van

Ce mois-ci nous vous invitons à découvrir une belle aventure de tour du monde en van ! Nous sommes partis à la rencontre de Corentin et Marie, alias Sourires autour du monde. Cela fait maintenant plus d’un an qu’ils sont partis arpenter les 1 001 routes du monde à bord de Sam, le van aménagé tout-terrain ! A la recherche d’aventures et de rencontres, Corentin et Marie nous dévoilent leur voyage unique et nous explique leur projet de sensibilisation au handicap. Vous hésitez encore à partir en tour du monde en van ? Lisez ce portrait et laissez-vous embarquer !

 

L’équipe de Sourires autour du monde

sourires autour du monde et tour du monde en van Qui se cache derrière vos 2 sourires ?

Un couple Franco Canadien, Corentin (35 ans) et Marie (33 ans), tous les deux amoureux de la nature et de ses habitants, aimant particulièrement les bivouacs très sauvages.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Nous nous sommes rencontrés grâce aux hasards de la vie et d’internet, à Québec. Corentin vivant sur place et Marie en PVT pour un an.

Vous êtes partis en juin 2018 pour un tour du monde en van. Quel a été le déclic pour partir ?

Le déclic a été notre rencontre, environ un an auparavant, tous les deux backpackers dans l’âme nous avions les mêmes envies et ce même rêve de voyage.

 

Tour du monde en van

comment faire un tour du monde en van

Avez-vous défini les destinations à l’avance ou faites-vous place à l’improvisation ?

 

Notre itinéraire pour l’instant est un entre deux, entre l’improvisation et l’organisation pré-établie. Nous avions des étapes incontournables telles que le Cercle Polaire en Norvège, l’Iran, l’Asie de l’est, le Pérou et la Patagonie…Cependant le climat, les situations géopolitiques, le budget et nos envies ont apporté leur lot de changements !

 

Quelle a été votre destination coup de cœur ?

Le Japon, initialement non prévue mais au combien enchanteur. Une culture si riche, si différente et des traditions encore présentes, sans oublier une nature immense et omniprésente.

 

Celle où vous avez rencontré le plus de galères ? 

Oman ! Bien que nous ayons amélioré les capacités hors route de Sam ce n’est pas devenu un 4×4 et Oman a eu tendance à nous le rappeler avec des multiples ensablages, passages de gués, pistes très pentues et autres déserts…

 

Celle où vous reviendrez ?

La Turquie, bien qu’on y ait passé beaucoup de temps nous aimerions nous y attarder un peu plus. Dans le top 3 de nos pays favoris ce pays regorge de merveilles naturelles et historiques. De plus, nous avons un super plan de volontariat pour la sauvegarde des tortues alors ça trotte dans nos têtes !

 

Un projet : sensibilisation au handicap et partage de sourires

sensibiliser au handicapExpliquez-nous le projet que vous avez mis en place autour de ce tour du monde.

Ce projet de tour du monde, au delà du voyage, s’est étoffé ! Tout d’abord nous voulions partager notre expérience car nous-même par le passé nous rêvions en lisant des récits de voyageurs. Nous partageons particulièrement ce voyage avec des enfants d’écoles primaires en France, nous abordons aussi le thème du handicap et enfin, au grès des rencontres nous venons enrichir une galerie photo très souriante ♥‿♥

Marie tu es atteinte du syndrome de Usher. Peux-tu nous expliquer cette maladie en quelques lignes ? Comment cela impacte-t-il ton quotidien ?

Le syndrome de Usher est une maladie génétique, une des premières cause de “surdi-cécité”. Un syndrome c’est un ensemble de symptômes, en ce qui me concerne l’audition et la vision sont touchées. Je porte depuis l’enfance des appareils auditifs pour pallier une malentendance quantifiée à 65 % de perte environ. Au niveau visuel, mon champ visuel rétrécit au fil des années, je vois doucement de moins en moins.

Au quotidien cela impacte mon autonomie, par exemple la conduite d’un véhicule n’est pas souhaitable. Les déplacements à pieds dans les zones sombres sont compliquées du fait de l’absence de vision dans l’obscurité, et aussi sur des chemins accidentés ou avec des obstacles. Je rentre donc souvent en collision avec des objets, meubles, gens, etc.

 

La sensibilisation passe par le partage…

Comment sensibilisez-vous les personnes que vous rencontrez au handicap ?

De manière tout à fait naturelle, en abordant le sujet…rencontre durant un tour du monde en fourgon

Dans un premier temps, nous avons abordé le sujet avec la vingtaine de classes participantes au projet (3 écoles). Lors de la rencontre avec les élèves nous leur avons demandé leur définition du handicap ; ensuite nous avons rappelé et expliqué la définition du mot handicap. Enfin Marie a expliqué sa situation en soulignant le fait que le handicap est bien plus présent qu’on ne pourrait le penser, pas toujours “visible”, que cela peut toucher quiconque, etc. Et puis nous avons fini l’explication de manière optimiste, à savoir que peu importe les difficultés qui peuvent être rencontrées pour avancer et grandir (inhérentes ou pas a un handicap), la clé c’est de trouver sa façon de faire pour contourner les difficultés et compenser les faiblesses avec les forces.

Dans une deuxième temps, nous sensibilisons au handicap aussi avec les personnes rencontrées pour dé-stigmatiser, en leur parlant de façon naturelle sans dramatisation. Le handicap n’est pas forcément une fatalité, c’est surtout beaucoup d’adaptation. Nous avons avec nous une paire de lunettes que nous avons bricolé, elles restituent à peu près ce que Marie peut voir. Quand les personnes les essaient, cela permet de réaliser le manque de vision mais aussi s’interroger sur les stratégies à adopter pour compenser.

 

Comment se déroule les échanges avec les écoles que vous avez mis en place ? Que faites-vous concrètement ?

Nous avons mis en place des correspondances fréquentes avec les élèves, ainsi nous envoyons depuis chaque pays une carte postale, des photos et une fiche résumée du pays. Les professeurs utilisent ces mêmes supports en classe pour travailler sur la géographie, l’histoire, les animaux etc. Parfois les élèves nous envoient des questions, nous leur répondons par écrit ou en vidéo… Les élèves sont toujours impatients et excités d’avoir de nos nouvelles : nous même nous aurions adoré avoir cela à l’époque !

 

Itinéraire de ce tour du monde en van

itinéraire tour du monde en van

Déjà 26 pays visités et plus de 60 000 km parcourus. Comment vous-sentez-vous ?

Biens et contents, mais aussi pas mécontents de faire une petite pause pendant trois mois. Bien que l’aventure ne soit pas finie, si elle devait se terminer aujourd’hui nous sommes ravis de ce que nous avons vécu.

 

Comment avez-vous financé ce tour du monde ?

Le projet est auto financé, c’est donc avec nos propres économies que ce tour du monde a lieu. Pour cela nous avons économisés des années et vendu tous nos biens, nous ne possédons maintenant que notre fidèle camion “Sam” ! Quelques sponsors sont venus se greffer au projet, nous apportant principalement du matériel “bonus” pour le camion, facilitant notre quotidien mais sans lequel nous serions partis.

Aussi, nous avons fait une campagne de financement participatif avant le départ, nous apportant l’équivalent d’un mois de budget sur les routes. Pour finir, nous avons continuellement un Tipeee d’ouvert (financement participatif), loin d’être une source de revenus, cela nous apporte parfois quelques dizaines d’euros par mois et on se fait un plaisir d’envoyer des cartes, photos et autres souvenirs aux participants.

shipping lors d'un tour du monde en vanSam a notamment traversé l’océan. Est-ce compliqué d’organiser le shipping de son van ? Étiez-vous inquiets ?

Expédier son véhicule par cargo, honnêtement c’est fastidieux et onéreux (rire)… Nous avons dû mettre Sam sur deux cargos (en container), entre Oman et la Corée du Sud ainsi qu’entre la Corée du Sud et le Canada. À chaque fois c’est très difficile de trouver des contacts d’agents ou de compagnies tout en ayant un prix honnête, sans parler des diverses formalités administratives et douanières à chaque fois. Nous avons la chance de pouvoir faire rentrer Sam dans un container de ce fait nous n’étions pas inquiets quand à des dommages ou vols de biens, c’est au moins ça !

 

Vous faites actuellement une pause sédentaire au Canada pour travailler un peu. Qu’avez-vous prévu ?

Les shippings ont un peu explosé le budget c’est pourquoi nous allons essayer de travailler cet hiver au Canada. Corentin étant canadien et ayant travaillé onze ans à Québec il devrait pouvoir trouver facilement un emploi dans sa branche (développement logiciel / web). Et pour Marie elle est toujours en attente de son permis de travail, elle espère trouver un petit job pas loin de là où nous logerons.

Quand au logement, grâce au gardiennage de maison nous bénéficierons d’un logement et toutes ses commodités pendant trois mois, sans frais !

 

Sam, compagnon de route de ce tour du monde en van

faire un tour du monde avec un van aménagé

Sam le fidèle destrier à la loupe 

Présentez-nous Sam, votre compagnon de route !

Sam est un Roadcar R540 (Pössl) construit sur une plateforme de Fiat Ducato de 5 m 40 (L2H2). Il contient un grand lit double (130 x 190), une douche, des toilettes et une kitchenette… Tout ce dont nous avons besoin quoi !

 

Vous avez fait le choix de prendre un van déjà aménagé. Comment l’avez-vous trouvé ? Pourquoi ce modèle ?

Nous l’avons acheté en France alors que nous vivions encore à Québec. Sans même l’avoir vu ni jamais en avoir visité un. C’était un modèle de d’exposition avec un très bon prix. Nous nous sommes tournés vers ce modèle premier prix pour son rapport qualité prix, la marque Pössl étant très renommée dans le domaine. C’est un entrée de gamme mais il contenait tout ce dont nous avions rêvé et même plus en fait !

Ce modèle a été privilégié de telle manière qu’il réponde à nos critères :

  • Pouvoir se tenir debout dedans (pour les jours de vent et/ou pluie, pour cuisiner etc.)
  • Longueur modérée (5 m 40)  pour garder un bon empattement, une bonne garde au sol et faciliter les manœuvres. Le tout facilitant aussi ses capacités hors routes.
  • Lit pleine grandeur
  • Douche

Vous avez personnalisé votre van avec des petits aménagements sur-mesure. Dites-nous tout !

Nous avons personnalisé Sam a plusieurs niveaux… Du côté mécanique, nous avons fait installer un différentiel à glissement limité, nous l’avons fait rehausser, protéger avec un blindage sous le moteur et enfin fait installer des pneus tout terrains, le tout pour améliorer sa motricité et ses capacités hors route.

Du côté fonctionnel, nous avons ajouté des panneaux solaires et une batterie au lithium afin d’être autonomes en électricité ! Nous avons aussi installé un kit GPL pour le chauffage, eau chaude et cuisson. Plus facile à remplir et moins coûteux qu’une simple bouteille de gaz (les pays ayant chacun leurs standards).

Côté confort, nous avons ajouté des rangements suspendus un peu partout, aménagé la soute avec des tiroirs, installé des miroirs, lampes etc. Nous avons aussi deux trottinettes sanglées sous le lit, nous permettant de nous déplacer plus facilement dans les centres urbains. N’oublions pas le côté sécurité avec des plaques de désensablage, une pelle, des sangles et autres outils pour se sortir de mauvaises (et nombreuses) situations. Pour finir, côté sécurité toujours, nous avons ajouté des verrous supplémentaires à chaque ouverture pour éviter autant que possible les intrusions.

 

La vie nomade 

Comment se passe la vie nomade en van pour vous ? Quelles sont les contraintes ?

La vie en van impose des contraintes que l’on a tendance à oublier lorsque l’on vit de manière sédentaire… Ainsi, notre quotidien est rythmé de recherche de spots pour savoir où passer la nuit de manière calme et sécuritaire, de savoir où trouver de l’eau, de l’essence, vidanger ou encore de la nourriture, etc. Il ne faut pas oublier la promiscuité omniprésente au quotidien avec ses avantages et inconvénients, on s’adapte et on apprend à jongler avec. Avant tout, c’est plus de la liberté que des contraintes, on adore !

 

Qu’est-ce qui vous plait dans cette vie nomade ?

Le plus plaisant pour nous est l’absence d’impératif, aucune contrainte de temps (sauf rares exceptions). C’est souvent ces contraintes qui apportent du stress à nos vies, et s’en affranchir est une garantie de quiétude.

 

Les questions de la fin !

itinéraire tour du monde en van aménagé

⊗Vous partez toujours avec : des piles, pour les appareils auditifs de Marie !
⊗Vous rêvez de : une mini maison en bois avec un potager en permaculture à notre retour, vivre entourés d’animaux.
⊗Le plus bel endroit que vous avez vu est : Franchement pas facile celle là tant nous avons vu de choses ! Ainsi les déserts d’Iran, la Capaddoce en Turquie, les glaciers du Canada ou encore les sanctuaires du Japon resteront à jamais dans nos têtes ♥.
⊗La plus belle rencontre c’était avec : trop de belles rencontres humaines et on s’est fait des amis partout… Mais Héléna, une finlandaise chez qui nous avons passé un mois en HelpX (travail volontaire en échange du gîte et couvert) restera pour nous une deuxième maman.

⊗La plus grosse frayeur c’était quand : Nous sommes restés coincés plusieurs heures dans un Oued en Oman, au milieu de nulle part, sur un lit de galets et de sable. Au final plus de peurs que de mal mais nous avons du changer nos pneus en urgence suite à cela.
⊗Quelle est votre devise ? Il en faut peu pour être heureux (ᵔᴥᵔ)
⊗3 mots qui définissent la conception du voyage en toute liberté pour vous : Simplicité, Rencontres, Enrichissement

Merci à Sourires autour du monde pour ce joli moment de partage !
Suivez-les sur :

liberté en van

 

 

 



Épingles ce tour du monde en van de Corentin et Marie sur Pinterest pour le garder sous le coude :

toru du monde en van aménagé