Portraits

Voyages et reportages en camping-car avec Péripléties

voyages et reportages en camping-car

Vous les avez suivis pendant leur tour d’Europe en camping-car ou vous regardez avec assiduité leurs tutos Youtube ? On vous dévoile ce mois-ci le portrait de Pauline et Simon, alias Péripléties ! Nous les avions invités au salon du Bourget 2019 pour partager leur expérience lors de nos conférences. Alors entre voyages et reportages en camping-car et nouveaux projets, ils dévoilent leur ressenti sur la vie nomade !

L’équipe de Péripléties, entre voyages et reportages en camping-car

journalistes voyages en camping-car

Qui se cache derrière le duo Péripléties ?

Nous sommes Pauline et Simon un couple de photographe et journaliste indépendants originaire de Franche-Comté, aujourd’hui devenus créateurs de contenus de communication vidéos, photographiques et rédactionnelles.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Nous nous sommes rencontrés par l’intermédiaire d’un journal local (Le Pays) pour lequel nous travaillions tous les deux comme correspondants de presse.

– Avant de vous lancer dans un tour d’Europe en camping-car, qu’est-ce que vous faisiez et où viviez-vous ?
Juste avant de partir en tour d’Europe en 2016, Simon bossait déjà en tant que photographe-journaliste indépendant. Pauline, après des années comme journaliste-pigiste, était employée dans un service de rédaction de magazine de collectivité en Franche-Comté. Nous avions tous les deux le désir de mêler notre passion du voyage à l’exercice de nos métiers et c’est ainsi qu’est née l’idée de ce tour d’Europe de 14 mois. Nous voulions vivre une expérience d’un an sur les routes tout en partageant avec le plus grand nombre, sur notre site internet et nos réseaux sociaux, notre découverte du vieux continent.

Le tour d’Europe en camping-car

tour d'Europe en camping-car

– Vous avez effectué en 2016 un tour d’Europe en camping-car. En quelques mots votre ressenti sur cette expérience ?
C’était tout simplement incroyable. Cette expérience nous a enrichi davantage ! Elle a renforcé notre couple et notre vision de la vie en général, elle a débouché sur pas mal de projets que nous menons aujourd’hui !

Comment vous êtes-vous préparés pour ce voyage ?

L’idée a germé lors du nouvel an 2014 à Prague. Nous avions rencontré deux voyageurs qui faisaient une traversée de l’Europe en van. À partir de là, on s’est dit : « pourquoi pas nous ? ».  Mais il a fallu s’organiser, planifier, économiser ! Et c’est long. D’après nos calculs, il nous fallait environ 15 à 20 000 € à deux pour vivre environ 1 an sur les routes (hors achat du véhicule et dépense du matériel professionnel). On s’est donc laissé deux années entières pour préparer ce projet d’une vie !

On a mis de côté, Pauline a décidé qu’elle quittait son poste à la fin de son CDD reconductible. Simon a mis son activité en « sommeil ». Puis nous avons procédé par étape. Imaginé notre parcours, évalué sa faisabilité, équipé le camping-car pour ce long périple. Nous avons vendu le superflu, lâché notre appartement (nous étions locataires), effectué les démarches administratives. On peut garantir que ce n’est pas si facile d’imaginer une autre alternative de vie, même pour 14 mois. Notre société n’est pas vraiment formatée pour les nomades, même pour un temps.

Comment avez-vous trouvé votre compagnon de route, Swingy ?

Swingy est un Hymer Swing 494. Un petit modèle de capucine, 90 CV sous le capot. Nous l’avions acheté 15 500 € d’occasion, deux/trois ans avant le tour d’Europe, auprès d’un particulier. Nous en sommes très satisfaits parce qu’il ne nous a jamais fait défaut en 14 mois de voyage (une batterie et un pneu crevé, c’est vraiment rien). Avec le recul et avec notre connaissance plus poussée du véhicule de loisirs, on aurait bien aimé un véhicule avec un peu plus de puissance et tout-terrain. Mais pour deux, pour le confort qu’il représente c’était pour nous un bon compromis. Et ça nous fait penser que c’est très important de bien choisir son véhicule pour voyager aussi longtemps.

Les expériences de ce road-trip : voyages et reportages en camping-car

l'expérience des voyages et reportages en camping-car

Pour l’itinéraire, plutôt “au feeling” ou “préparé” ?

Nous avons préparé l’itinéraire ne serait-ce que pour des raisons pratiques liées à la météo, à notre budget et à la validité des visas pour la Biélorussie et la Russie. On a dessiné en gros notre parcours, prévu où nous envisageons de nous trouver en fonction des mois (en moyenne deux semaines et demi dans chaque pays). On ne voulait pas risquer de prendre trop de temps sur la première partie du parcours et de devoir finir sur les chapeaux de roue pour les destinations les plus éloignées de la France, les plus intéressantes pour nous ! En cours de route certaines choses ont naturellement évolué, mais quand on regarde le parcours effectué et le projet initial, on est vraiment pas mal ! Nous avons juste dû renoncer au sud de la Grèce et à une grosse partie de la Turquie, faute de temps.

Journalistes de formation, vous avez documenté votre blog de vos voyages et reportages en camping-car (conseils sur les formalités, circuit…). Comment étaient rythmées vos journées ?

C’était effectivement le projet : documenter notre voyage avec des reportages. C’était même le « contrat moral » que nous avions passé avec les contributeurs de notre cagnotte sur Kisskissbankbank. De fait, nous n’étions pas en vacances. De toute façon, vivre sur les routes c’est un état d’esprit, une aventure, mais pas des vacances, au sens commun du terme. Les contraintes s’imposent d’elles-mêmes. Exemple, rien que de faire les services de votre camping-car, savoir où vous allez dormir le soir, pouvoir vous laver, est quelque chose qui rend le voyage pas si confortable que ça… Cela ne le rend pas moins génial, mais il faut le savoir et ne pas trop idéaliser ce mode de vie.

Dans notre cas, il fallait en effet s’astreindre à un rythme de travail, disposer de l’autonomie nécessaire, pour charger/recharger régulièrement nos matériels. L’avantage c’est que nous pouvions choisir ces temps de labeur en fonction du moment. Il nous arrivait de rouler, de profiter intensément du voyage… Puis de bosser jusqu’à quatre jours en continu pour écrire nos contenus, les mettre en ligne, les partager… Nous avions aussi chaque semaine des chroniques avec une radio et un journal locaux. Pour nous ce n’était pas une corvée parce que c’était ce que nous avions décidé de faire !

La plus belle expérience vécue pendant ce tour d’Europe ?

La plus belle expérience vécue je pense qu’on sera d’accord pour dire qu’il s’agit du moment où nous avons vu des aurores boréales sur l’île de Vesteralen en Norvège. On arrivait tout au début de la saison des aurores et nous avons rencontré un local, qui nous avait conseillé des coins où se poser en camping-car, à l’abri de toute pollution lumineuse pour les observer. Il nous avait dit : « il y a des grandes chances que ça se passe ce soir, la première de l’année ! ».  Il avait vu juste. Pendant 2 heures elles ont dansé au-dessus du camping-car et de nos têtes. C’était juste incroyable. Voilà pour ce qui est des phénomènes naturels en voyage, mais nous n’oublions pas les rencontres en Moldavie, en Bosnie, en Serbie, Biélorussie qui font du voyage une aventure humaine hors-du-commun.

Et la moins bonne ?

Naturellement le cambriolage de notre véhicule à Sarajevo en Bosnie. Les habitants nous avaient pourtant mis en garde, d’être prudents dans la capitale. On s’est garé à proximité d’un commissariat et de l’ambassade de France, mais ça n’a pas suffi ! On a brisé notre vitre et volé une partie du matériel. Ce qui est fort c’est que dans tout malheur, il existe une petite part de chance. Ce malheureux épisode a provoqué l’une des plus belles rencontres de ce tour d’Europe. Nous voyant en difficulté, un jeune Sarajévien, Loren, nous a aidé à travers toutes les démarches : pour porter plainte, pour retrouver une vitre de Fiat Ducato, pour la remonter. Il nous a fait visiter sa ville par la suite, dont on a un excellent souvenir !

– Et si c’était à refaire, vous changeriez quelque chose ?

On dirait bien qu’on travaillerait moins pour plus profiter de cette chance unique de pouvoir épouser une vie nomade, mais c’est un besoin chez nous de créer du contenu, de transmettre des choses…

Avec le recul, on se dit que le support choisi à l’époque, le site internet n’était pas forcément adéquat. Si nous avions déjà eu la chaîne Youtube, le travail fourni aurait davantage trouvé son public. Le format plus divertissant n’empêche pas pour autant de raconter des histoires intéressantes, des rencontres, des reportages et puis franchement… il nous est tellement arrivé de choses rocambolesques que ça aurait été vraiment marrant que les gens puissent suivre notre aventure à travers la chaîne ! S’il y avait quelque chose à changer aussi, on aurait réfléchi plus amplement sur les solutions d’autonomie électrique en camping-car pour moins perdre de temps, techniquement.

Voyages et reportages en camping-car sur Youtube !

reportage et voyage en véhicule de loisirs

– Vous avez lancé votre chaîne Youtube pour partager vos voyages et reportages en camping-car. Aujourd’hui vous avez plus de 11 000 abonnés. Les efforts ça paie ?!

Oui c’est incroyable ! En réalité, c’est ce que nous disions précédemment, Youtube a cet avantage d’être assez divertissant et de former des « communautés » qui partagent des passions communes, qui ont envie de se répondre, de réagir de s’échanger leurs savoirs, ou juste de rêver. Alors on pourrait dire que c’est le cas aussi de tous les réseaux sociaux avec Facebook et Instagram par exemple, mais sur ce type de réseau on n’entre jamais dans le détail. Il y a comme une espèce de peinture sur le réel. On ne peut pas toujours techniquement prendre le temps de rentrer dans la complexité des choses ou des événements. Les internautes interagissent moins de manière, disons constructive.

Donc ces efforts qu’on fait pour créer du contenu dynamique, informatif et sympa, « payent » plus encore sur Youtube parce que les gens comprennent ce qu’on fait. Evidemment, c’est du travail tout le monde peut se mettre une caméra en face et puis vloguer,  mais en pratique c’est plus compliqué à mettre en place pour que ça fonctionne. Il y a des codes, des formats, une certaine assiduité imposée par les algorithmes. Et pour nous aider, nous avons d’ailleurs suivi une formation pour développer notre chaîne Youtube.

– On y retrouve des vidéos sur plusieurs thématiques : présentation de véhicule et d’équipages, questions sur la vanlife, tutos, galères en camping-car… Qu’est-ce qui vous amuse le plus ?

Les présentations du véhicule disons que c’est plutôt agréable, parce que ça plaît beaucoup, nous avons beaucoup de retours et on sent qu’en ce moment beaucoup de gens cherchent le véhicule idéal. Ils sont en attente d’une expertise et nous pouvons leur en apporter un peu d’après notre propre expérience. Ce qui nous plaît surtout c’est partager nos voyages ! Mais ce n’est pas forcément toujours ce qui « marche » le mieux sans tomber dans la catastrophisme (accident, vol…). Mais c’est bien, cela oblige à se remettre en question pour faire quelque chose d’intéressant. Il y aussi les tutos que nous réalisons pour Camping-car Magazine, on aime bien rendre des choses didactiques : déformation professionnelle ! 🙂

tutos camping-car magazine

– Parlez-nous de ces tutos !

On a une philosophie  : c’est qu’on se dit que quand on a commencé, on aurait bien aimé qu’on nous précise les choses, qui peuvent paraître évidents quand on a des années de pratique en camping-car en van en fourgon, mais ne qui sont pas si simples pour les néophytes. On va retrouver la gestion de l’électricité, l’autonomie en eau, le gaz, le GPL, les services, comment trouver des aires, où stationner, le contrôle technique d’un camping-car et plein d’autres idées dont on discute avec la rédaction.

– Combien de temps vous faut-il pour produire une vidéo ?

Trop ! Une vidéo quand elle est bien pensée, écrite, tournée, montée, valorisée et mise en ligne c’est entre 3 et 5 jours de travail. Mais cela dépend du format. Pour les tutos, il y a un gros travail en amont ! Que ce soit la recherche d’information, la façon dont on va expliquer, parce qu’on ne peut pas se permettre de faire des approximations… Pour les autres vidéos aussi d’ailleurs, même s’il y une part plus importante d’improvisation, de spontanéité.

Les projets de Péripléties

voyages et reportages en van aménagé

– Alors, nouveau bébé pour 2020 ?! Vous nous en dites plus ?

Notre nouveau bébé c’est quelque chose qu’on construit ensemble avec une vision complémentaire. À la base nous avions, nos activités en indépendant, chacun de notre côté sous le statut d’auto-entrepreneurs dans notre région. Et nous avions Péripléties qui est une association pour laquelle on a investi beaucoup temps. On est amené à développer de plus en plus des partenariats. Avec des acteurs du monde du véhicule de loisir mais aussi du tourisme.

Notre ligne de conduite ? Que cela soit toujours utile, intéressant, inspirant et plaisant à regarder et fidèle à nos valeurs. Suivant cette idée, nous avons décidé de rassembler toutes nos activités (auto-entreprises actuelles + Péripléties) au sein d’une nouvelle société. Parce que lorsque l’on réalise ensemble par exemple, des portraits d’agriculteurs pour une collectivité, afin de mettre en valeur les circuits-courts, on considère aussi être dans la même philosophie que ce que l’on développe avec nos Péripléties : des découvertes, des rencontres et des partages utiles ! On ne sera plus tiraillés entre ce qui relève du travail et de la passion pour le voyage.

Votre site internet fait également peau neuve ?

Tout à fait, le site internet également se modernise. Avec pas mal de travail pour incorporer toutes nos idées d’articles, d’itinéraires, de portraits de voyageurs, de conseils et astuces.
[vous pourrez y retrouver tous les anciens voyages et reportages en camping-car de Péripléties et plein de nouveautés]

–    Des road-trips de prévu pour cette année ?

Oui ! Même si tout n’est pas encore tout à fait ficelé. Ce qui est sûr c’est que nous nous rendrons en Géorgie au printemps pour un road-trip dans le Caucase. Et ce périple est le bienvenu parce que si cette dernière année a été consacrée à la découverte des richesses de la France et des régions transfrontalières, l’aventure et l’exotisme nous manquent. On va aussi tester de nouveaux véhicules pour faire un retour à nos abonnés.

Vous avez notamment testé un voyage en van. Alors plutôt camping-car ou van pour les prochains voyages ?

Oui  !  En effet c’est une belle expérience, parce que le van permet plus de flexibilité qu’un camping-car. Et le van, la « Vanlife » a la côte pour le moment, c’est incontestable. Le camping-car ne bénéficie étonnement pas de la même sympathie, alors qu’hormis quelques brebis galeuses qui peuvent faire n’importe quoi, la majorité des voyageurs en camping-car sont des gens très respectueux. Ils vont au contact des gens, des acteurs locaux, consomment dans les restaurants, les commerces locaux, parfois plus que les vanlifers d’ailleurs.

Cela dit, de notre point de vue, on n’aime pas trop opposer les deux. L’état d’esprit est au bout du compte quasi le même : la curiosité et l’envie d’aller voir, de vivre des belles choses. Nous clairement on a adoré le van et on refera certainement des séjours avec ce type de véhicule ! Mais pour des raisons pratiques (voyages longs dans des destinations souvent hors des sentiers battus, besoin d’un minimum d’espaces, de services, de protéger le matériel…) clairement, le petit camping-car ou fourgon est la meilleure alternative (à l’heure actuelle). Il faut bien savoir qu’il n’y a pas de véhicule parfait, il y a juste celui qui correspond à un moment donné à ses envies à ses besoins, ses limites, au nombre de personnes qui voyagent.

Les questions de la fin !

Vous partez toujours avec : Un appareil photo, un ordinateur, un smartphone. Le monde d’aujourd’hui… 
Vous rêvez de : Continuer de rêver et de faire rêver les autres. Parce que c’est à partir des rêves qu’on embellit le réel.
Le plus bel endroit que vous avez vu est : Les aurores boréales en Norvège.
La plus belle rencontre c’était avec : – Alexandru, Loren, Yulia. On ne peut pas choisir.
La plus grosse frayeur c’était quand : On a monté un col en Serbie avec une route étroite comme la largeur du véhicule et un ravin profond sans barrière de sécurité. On peut vous assurer qu’on a serré les fesses pendant toute la montée…
Quelle est votre devise ? « Il faut toujours viser la lune car même en cas d’échec, on atterrit au moins dans les étoiles », Oscar Wilde.
3 mots qui définissent la conception du voyage en toute liberté pour vous : L’inconnu, l’instinct, l’humilité. 

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Crédit photo : Péripléties


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portrait de voyageurs Péripléties