Portraits

Vanlife et running en Europe avec les Run Trotters

vanlife et running

Le portrait du mois est consacré à Julie et Alexandre, alias les Run Trotters sur Instagram. Passionnés de course à pied, ils se sont élancés en 2019 pour un tour d’Europe en fourgon aménagé pour participer à de nombreuses courses. Et ils ont rencontré le troisième membre de leur équipage : Poland, un teckel XXL ! Entre vanlife et running, découvrez leur portrait !

Les débuts des Run Trotters

running en Europe

Qui se cache derrière les Run Trotters ?

Julie 35 ans, Alexandre 31 ans et Poland 3 ans (qui a rejoint l’aventure a mi-parcours).

Votre « nom de scène » est le mélange de « running » et « globetrotters ». D’où est née cette passion pour la course à pied ?

Tous deux, nous avons découvert ce sport sur le tard. Nous avons intégré un groupe de running sur Paris, Adidas Runners Paris, ce qui nous a permis d’évoluer dans cette discipline et également de nous rencontrer lors de la course Paris-Versailles. Appartenir à ce groupe de runners nous a motivé pour participer à des courses en France et à l’étranger pour les compétitions et visiter les villes avec les copains de la course.

Quel est votre palmarès ?

Je ne sais pas si on peut parler de palmarès car il y a toujours des personnes plus rapides que nous mais on aime participer à tous types d’épreuves (5 km, 10 km, semi-marathon, marathon, trail et même triathlon). Une année classique pour nous, c’est principalement des 10 km et semi-marathons et si nous avions un coup de cœur pour une destination, nous programmions un marathon ainsi qu’un trail pendant les beaux jours.

Comment avez-vous vécu l’année 2020 avec l’annulation de nombreux événements sportifs ?

L’année 2020 a été des plus déconcertante puisque 3 mois après notre retour, on s’est retrouvés confiné et privé, comme tout le monde, de libertés. En ce qui concerne les compétitions, Julie se préparait pour un marathon à Edinburg qui a été forcément annulé. Nous avons donc levé le pied sur la course à pied et également bloquer tous les sites d’inscriptions aux courses pour ne pas être tenté de s’inscrire sur des courses incertaines vue le contexte 😂

Que faisiez-vous avant de partir 1 an sur les routes ?

Julie est chef de projets chez Uniqlo, la marque de vêtements japonaise, elle avait demandé un congé sabbatique de 11 mois. Quant à Alexandre, il travaillait dans l’événementiel pour le grand public et le secteur professionnel.

Vanlife et running en Europe

Tour d'Europe

Vous êtes partis pour 11 mois sur les routes d’Europe. Comment est né ce projet ?

On aimait partir avec les copains de la course en week-end pour visiter des villes qu’on ne connaissait pas et participer à une course par la même occasion. Par exemple, en 2017 on s’est rendu à Athènes pour participation au mythique marathon avec un groupe de runners. Julie voulait continuer cette façon de faire mais plus régulièrement alors Alex a eu l’idée de partir carrément en van aménagé sur une durée plus longue. Bingo, l’idée était née et impossible de la laisser au placard.

Avez-vous déterminé votre itinéraire à l’avance ou vous êtes plutôt « au feeling » ?

Le premier travail que nous avons fait était la recherche et la planification des courses en respectant le sens global du trajet, un timing et le kilométrage. Une fois les courses déterminées, nous étions complètement libres d’aller où nous voulions entre ces dates impératives. Il nous est arrivé de devoir enchainer une course par semaine pour participer aux courses des différents pays. Nous avions donc notre fil conducteur : la course à pied puis le reste se faisait au fur et à mesure.

« 24 pays pour 24 courses à pied » : avez-vous réussi à faire toutes les courses que vous souhaitiez ? Comment vous êtes-vous préparé pour ces courses ?

Non pas tout à fait comme nous l’avions espéré.

Dans certains pays, il a été difficile de trouver des courses notamment à cause de la langue ou bien parce que ce sport n’est pas très populaire. De plus, le mois où nous étions dans le pays ne pouvait pas toujours concorder avec une course. Au total, nous avons participé à 14 courses dans 14 pays avec un marathon, un trail complètement fou en haute altitude dans les montagnes autrichiennes et des semi-marathons, des 10 km et 5 km.

Nous avons loupé une course à notre grand regret car elle a été décalée et une semaine après nous faisions le marathon de Varna en Bulgarie donc priorité au marathon vue la dose d’entrainements que demande cette distance.

La première moitié de notre voyage, nous avons enchainé les courses et les entrainements puis en deuxième partie nous avons été moins assidues. On n’imagine pas mais le rythme était assez soutenu entre la conduite, les visites, les entrainements et les courses officielles, nous étions bien occupés !

Belgique, Pays-Bas, Danemark, Pologne, République Tchèque… Vous avez parcouru de nombreux pays. Comment se passait le quotidien sur la route ?

Voyager en Europe

Au tout début, nous allions assez souvent sur les stationnements payants pour avoir plus de confort. Puis nous avons vite compris que la vie nomade ce n’était pas ça, c’était être en pleine nature avec une super vue, bien mieux qu’un parking goudronné !

Park4night a été notre allié, grâce à lui, nous avons découvert de supers spots. Nous le consultions chaque jour pour trouver un spot, un endroit pour se vider ou trouver du gaz. Avant de changer de pays, nous consultions les informations importantes du pays concernant le code de la route, la sureté, le stationnement, la monnaie… Nous apprenions même quelques mots pour au moins dire bonjour et merci dans la langue locale.

Quel est le pays qui vous a le plus marqué ? Et celui que vous avez le moins aimé ?

Pour Alexandre, la Slovénie a été son grand coup cœur. Ce qui lui a plu dans ce pays c’est la prédominance de la nature, la gentillesse des gens, un pays petit qui permet d’aller d’un bout à l’autre dans la journée et cette sensation de bien-être. Ce qui est étonnant c’est que très peu de personnes savent où se situe ce pays (tout le monde pense que c’est un pays de l’Est) et qu’il n’est doté d’aucun préjugé ni a priori.
Celui qui lui a le moins plu est la Bulgarie, sans doute à cause du manque d’infrastructures et du manque de choses à faire/à découvrir. Par contre, il a adoré les vestiges du communisme avec les monuments gigantesques.

Pour Julie, son coup de cœur est la Roumanie parce que c’est un pays riche en aventures : les bords de la mer morte, le delta du Danube, les nombreux châteaux, une mine de sel, la mythique route Transfagaran, la gastronomie… Y’a de quoi faire, en plus les roumains sont adorables. Le moins apprécié, l’Italie en fourgon même si le pays est magnifique. Je ne me suis pas sentie forcément en sécurité partout et on s’est souvent fait arnaquer sur les prix, les stationnements… En sac à dos, c’est parfait mais pas top pour les vanlifers.

L’adoption d’une boule de poils

chien en van

Vous avez adopté un joli toutou en Pologne, que vous avez appelé Poland. Racontez-nous cette adoption ?

Oula quelle histoire, l’envie d’adopter un chien a été crescendo pendant le voyage. Au départ, on était sur le point d’adopter un chien en France mais ce fut un échec quand la SPA nous a annoncé après une semaine de visites que le chien était extrêmement malade en voiture 😬. Du coup, Julie s’est mise en quête de trouver des centres d’adoption dans chaque pays qu’on visitait avec bien souvent la barrière de la langue qui nous stoppait.

Et c’est en Pologne que nous avons trouvé notre bonheur dans un endroit qui ressemblait plus à un zoo qu’un centre d’adoptions pour chiens. En tout, il y avait plus de 400 chiens ainsi que des loups, moutons, poneys, autruches… La façon d’adopter n’est pas du tout la même quand France puisqu’on ne pouvait pas aller devant les cages pour choisir notre chien, à la place on devait donner nos critères de recherche à une personne qui ne parlait que quelques mots d’anglais. Puis, on nous emmenait les chiens jusqu’à trouver le bon, un genre de speed-dating entre chiens et futurs maitres. Après 5 tentatives, nous sommes tombés sur ce Teckel XXL juste parfait pour nous (personne ne connait le mélange des deux races, on pense qu’il appartient aux chiens courant Polonais). Alex est tombé immédiatement dingue de lui et prêt à partir de suite avec mais Julie avait besoin d’un peu plus de temps.

Nous savions que nous voulions un chien mais nous n’avions jamais réfléchi à un nom. Nous étions en Pologne et nous nous sommes dit que lui donner comme nom celui de son pays était chouette alors bingo, nous sommes repartis avec Poland dans le fourgon, son nouveau chez lui.

Comment avez-vous adapté vos vies quotidiennes avec l’arrivée de votre boule de poils ? Poland participait-il aux courses avec vous ?!

Après être partis du chenil, on a fait 4 h de route (pas l’idéal mais un bon moyen de voir s’il était malade et surtout de s’arrêter dans une animalerie parce que nous n’avions rien pour ce petit bonhomme).

Nos habitudes n’ont pas tant changé que ça avec l’arrivée de Poland car il nous suivait partout même lorsque nous faisions de longues visites en ville. Pour certaines visites, nous étions obligés de le laisser dans le fourgon car les chiens étaient interdits. La seule chose qu’on a changé, c’était en cas de forte chaleur (et nous l’avons vécu pendant 3 mois), on faisait en sorte de se garer dans la nature plutôt qu’en ville. Avant quand il faisait chaud, nous allions dans un centre commercial ou bien voir un film au cinéma mais maintenant on reste tous les 3.

Poland participait à nombreux de nos entrainements sans en faire de trop car il était jeune et pas habitué au début du voyage. Courir avec Poland lors des compétitions n’était pas possible pour une question de sécurité pour les autres runners. Il était prévu qu’on participe à des canicross (le maitre et son chien courent attachés l’un à l’autre) en 2020 mais quasiment aucune course n’a eu lieu donc on espère y participer en 2021 ! En plus maintenant on est super équipés et Poland est entrainé !

Vivre en mode vanlife

vanlife et running en Europe

Présentez-nous Runy, votre fourgon aménagé Adria !

Runy est un Adria Twin 600SPB sans option (600 pour la longueur du véhicule soit 6 mètres). Nous avons choisi cette marque pour plusieurs raisons, la première étant que le fourgon pouvait être livré avant le départ. Deuxièmement le design est sobre et épuré, de plus, il est inclus dans le pack de base un grand nombre d’options qui sont assez indispensables (les stores sur les fenêtres et le pare-brise, la moustiquaire sur la porte latérale…). Et le point qui a été décisif est la salle de douche dotée d’une paroi amovible pour ne pas avoir de rideau.

Nous aurions aimé aménager notre fourgon nous-mêmes mais comme nous avions programmé le départ seulement quelques mois après l’idée (environ 5 mois), nous avons vite oublié cette option de fourgon home made.

Vous l’avez inauguré en Bretagne ! Comment s’est passé la première nuit ?

L’inauguration ne s’est pas très bien passée puisqu’après avoir réceptionné le fourgon chez le concessionnaire, une anomalie a été repérée dans le système de chauffage, du coup, nous avons passé notre première nuit à l’hôtel (payée par le concessionnaire !).

Par contre, la première nuit de notre road-trip a été des plus incroyable car elle symbolisait le début de notre aventure ! Nous nous sommes installés sur notre spot à 23 h (grosse erreur de débutants !), mangés des nouilles instantanées et le lendemain matin nous étions embourbés 😆 Au moins on s’en souvient.

Y’a-t-il un temps d’adaptation pour conduire un fourgon aménagé ?

Tout dépend du conducteur. Julie par exemple a pris plus de temps pour prendre ses marques après des années de conduite de voitures. Quant à Alex qui venait d’avoir le permis depuis moins d’un mois, ce gros gabarit n’a pas été un problème pour lui.

Comment organisez-vous vos journées ?

Après notre première nuit mémorable, la première règle a été de toujours trouver un spot dodo avant la tombée de la nuit. Ensuite, on s’organisait selon ce qu’on voulait faire : visiter, aller courir ou chiller dans le fourgon. Le moment le moins agréable dans la vanlife, c’est la journée de ravitaillements : remplir et vider Runy, passer à la station-service, faire les courses et passer 2h à la laverie 😧.

Sinon, nous ne faisions pas de grandes journées de trajets, nous avons privilégié 2 h de route par jour maximum (sauf à certains moment du voyage) pour profiter du reste de la journée.

Quel ressenti avez-vous eu de passer d’une vie sédentaire à une vie nomade sur les routes ?

Nous avons mis environ un mois à prendre nos marques. Nous n’étions jamais partis en fourgon ou en camping-car donc c’était une grande première. Nous avons tous les deux trouvé nos rôles respectifs (l’un vide la cassette quand l’autre remplit en eau) et notre place dans 5m².

On s’est rendu compte que finalement nous avions besoin de peu pour vivre et nous sentir heureux.

Qu’est-ce que vous avez aimé le plus dans cette vie nomade ?

Sans aucun doute la liberté, pouvoir se laisser-aller, ne rendre de comptes à personne et ne pas être oppressé par les tracas de la vie quotidienne. Faire ce qu’on veut quand on veut et pouvoir rester dans un endroit que l’on aime parce qu’on a le temps de profiter. Ce fut une année extraordinaire qui nous aura définitivement changé.

Y’a-t-il des points négatifs à une vie nomade en fourgon aménagé ?

Question piège, dont tout le monde a la même réponse 😋 : LA FAMEUSE BARRE DE TOIT A L’ENTREE DES PARKINGS.

Plus sérieusement, dans certains pays le prix exagéré du stationnement des camping-cars (Croatie, Italie notamment) ou le fait d’être verbalisé parce qu’on vit dans notre fourgon (Vienne, Autriche).

Après une année sabbatique, est-il difficile de rentrer et de reprendre sa « vie d’avant » ?

Oui très difficile pour tous les deux !

Nous sommes revenus en décembre 2019, nous avons à notre grand regret repris un appartement sur Paris pour reprendre le metro-boulot-dodo que nous avions fui pendant 1 an. Puis à peine le temps de retrouver nos marques que nous avons été confinés.

Donc oui, la différence était énorme entre la vie de vanlifers nomades et libres et le confinement. Le point positif du retour était de retrouver famille et amis bien sûr !

Avez-vous toujours Runny et continuez-vous à faire des week-ends ou vacances en fourgon ?

Nous avons pensé à vendre Runy mais finalement c’était difficile de se séparer de notre compagnon de voyage. Depuis notre retour, nous avons passé de nombreux mois à faire des aller-retours chez le garagiste (vous verrez pourquoi à la question anecdote) et le concessionnaire de camping-car pour réparer les bobos du voyage mais aussi des dégâts qui ont été faits par des locataires. Et oui, nous avons tenté l’expérience de la location mais on ne pense pas la renouveler.

Avec le Covid, nous n’avons pas pu en profiter autant que prévu cependant nous avons fait quelques week-ends et bientôt, il sera très utile pour notre nouveau projet…

Les questions de la fin !

vivre en van
  • Vous partez toujours avec : Poland et nos baskets pour courir.
  • L’écologie et le respect de l’environnement pour vous c’est : l’écologie et le respect de l’environnement est pour nous une histoire propre à chacun car tout le monde à sa vision et se trouvera plus écolo que l’autre. C’est pour cela qu’on essaie de s’améliorer chaque jour et qu’on prend le temps aussi de voir si ce qu’on faite est cohérent et applicable dans durée. On remarque que depuis qu’on a voyagé, on a pris de bonnes habitudes « éco-responsables » qui étaient assez simple à faire en vanlife mais un peu moins en revivant en appartement. Mais comme on dit “un petit geste pour l’homme et un grand pas pour… l’environnement”.
  • Vous rêvez de : d’une maison avec un grand jardin, vivre au vert, plus proche de la nature et plus simplement. Une vie plus minimaliste et tournée vers l’essentiel.
  • Le plus bel endroit que vous avez vu est : pour Alex : la mine de sel de Turda en Roumanie. Pour Julie : le mont Boulzloudja en Bulgarie avec l’ancienne salle de congrès du parti communiste au sommet.
  • La plus belle rencontre c’était avec : nos copains vanlifers français que nous avons rencontré sur la route. On pense à @valmarcv, @lathelize, @ivanco @parce_que_jadore_faire_des_van, @roule_un_cactus, @roadofmiles
  • La plus grosse frayeur c’était quand : on pourrait écrire des sketchs tellement que nous en avons eu mais on va raconter la pire et la plus drôle. Celle qui nous a le plus marqué est le fameux ACCIDENT en Italie, qui nous a couté une porte latérale et une vitre après seulement 3 mois d’aventure… La seconde qui n’est pas si grave mais qui nous a énervé : à Poznan en Pologne, la veille d’une course, on s’est garé juste devant le départ pour être au plus prés. Mais le lendemain matin, mauvaise surprise en découvrant qu’on nous avait volé 3 enjoliveurs sur 4. Le pauvre Runy, il ne ressemblait a plus rien… Du coup, pendant 2 jours, nous avons eu des idées noires en voulant voler des enjoliveurs à d’autres Fiat Ducato mais nous ne l’avons pas fait bien sûr ! Au final, la Pologne a été source de catastrophes (enjoliveurs, pare-brise brisé, pneus crevés, petit tour à l’hôpital, vélo cassé) malgré tout cela, nous avons adoré ce pays !
  • Il n’y pas de problèmes il n’y a que : de la débrouille
  • Quelle est votre devise ? A deux, c’est mieux.
  • Quels seront vos projets pour 2021 ? le GROS projet 2021 a commencé milieu 2020 et risque de se finaliser dans 3 mois, il faut être patient car nous en parlerons sur les réseaux sociaux. Sinon reprendre la route avec Runy pour découvrir la France et rencontrer ou revoir des copains vanlifers.

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