Vivre dans son van

Apprendre à réduire ses déchets en van aménagé

gérer ses déchets en van aménagé

Depuis quelques années, nous sommes habitués à faire le tri sélectif pour nos déchets et nous sommes familiarisés à la notion de recyclage. Mais si on allait plus loin ? Si on tentait de réduire nos déchets à la source ? Quand on voyage en van ou en fourgon, le maître mot est le minimalisme. Raison de plus pour changer ses comportements. Alors comment réduire ses déchets en van aménagé ?

Tri sélectif, recyclage et zéro déchet

254. C’est le nombre de kilos de déchets ménagers produits par personne et par an en France (source : ADEME, Agence de la transition écologique*). On arrive à 525 kg en ajoutant les déchets recyclés et ceux apportés en déchetterie. On produit ainsi :

  • 83 kg de déchets putrescibles (résidus alimentaires issus des préparations en cuisine et des restes de repas)
  • 43 kg de déchets textiles
  • 38 kg de déchets cartons et papiers
  • 37 kg de déchets plastiques
  • 31 kg de déchets “autres”
  • 22 kg de verres

Heureusement pour nous, certains de ces déchets sont recyclables ! En effet 66 % de nos déchets sont recyclés, 28 % sont éliminés et 6 % servent pour la valorisation énergétique. Le recyclage permet de limiter l’utilisation de ressources premières : pas moins de 11 millions de barils de pétrole ont été économisés et 23 millions de tonnes de Co2 évités en 2019. Mais ce n’est qu’une goutte d’eau dans le combat pour la préservation de notre environnement.

Petite histoire du tri sélectif

réduire ses déchets avec le tri sélectif

A quand remonte la notion de tri sélectif ? Comment étaient collectés les déchets quelques siècles avant nous ?

Au Moyen-Âge les déchets des habitants posent déjà problème. C’est dire : en 1184, le roi Philippe Auguste ordonne le pavage des rues de Paris qui se noie sous les immondices. Il demande également l’interdiction de jeter les ordures par les fenêtres. En 1532, une ordonnance royale met en place un système mixte : les habitants doivent balayer les rues eux-mêmes et entasser les déchets (ils paient même une taxe). Puis l’autorité royale s’occupe de les transporter vers des décharges.

Ce n’est qu’à la fin du 19e siècle qu’apparait l’invention de la poubelle ! C’est Eugène Poubelle, alors préfet de la Seine, qui est derrière cette révolution. Il signe notamment un arrêté obligeant les propriétaires parisiens à fournir à chacun de leurs locataires un récipient muni d’un couvercle pour recevoir les déchets ménagers, afin de lutter contre l’abandon sauvage des déchets dans la rue. Il souhaite même organiser une sorte de tri mais son idée ne perce pas.

Le plastique, notre meilleur ennemi

En 1945, tous les foyers de France sont équipés de poubelles. Mais la révolution passe par là et malheureusement 2 pratiques sont délaissées : la consigne (qui permet de récupérer pour un nouvel usage les bouteilles en verre) et l’achat en vrac dans les épiceries. La plastique va alors devenir le roi pour de nombreux objets. Dans les années 70, en même temps que les déchets s’amoncellent, que les décharges sauvages se multiplient et que le fléau du sac plastique s’accentue, la chasse au gaspi s’organise. Les préoccupations écologistes s’organisent jusqu’en 1991 où la solution du tri sélectif par les citoyens est retenue (plus d’un siècle après qu’Eugène Poubelle l’ait pensé..!).

Aujourd’hui le tri sélectif est ancré dans les habitudes : en effet plus de 89 % des français procèdent au tri de leurs déchets. Les consignes peuvent variées selon les régions mais le principal est de trier :

  • le verre : bouteilles, pots, bocaux… Exit la vaisselle ou les miroirs qui ne se recyclent pas.
  • le papier/carton : boîtes, briques, livres, cahiers…
  • le métal : canettes, boîtes de conserves, barquettes en aluminium…
  • le plastique : bouteilles, flacons, tubes…

Le recyclage et l’anti-gaspi

Aujourd’hui bon nombres de déchets sont recyclés ce qui permet de leur donner une seconde vie mais aussi de limiter l’utilisation de matières premières. Par exemple avec 27 bouteilles en plastique, on peut fabriquer un pull polaire et avec 2 kg de canettes en aluminium recyclées, on fait une trottinette ! Ainsi le volume des biens réemployés ou réutilisés
est passé de 780 000 à 1 million de tonnes entre 2014 et 2017.

Le gaspillage reste une préoccupation importante, notamment dans l’alimentaire. Saviez-vous que chaque année, en France, 10 millions de tonnes de produits alimentaires sont perdues ou gaspillées ? Le gaspillage alimentaire coûte 16 milliards d’euros par an et génère 15,3 millions de tonnes de CO2 inutilement. Alors le gouvernement français a adopté en 2020 une loi anti-gaspillage pour une économie circulaire. Elle fonctionne autour de 4 principes :

  1. L’information du consommateur
    Le producteur doit être plus transparent sur le produit vendu (par exemple les produits électroniques doivent donner leur indice de réparabilité, les producteurs de meubles doivent mettre à disposition les pièces détachées…)
  2. La lutte contre le gaspillage
    Actions sur les invendus alimentaires, sur la réutilisation des contenants…
  3. Réduire l’impact du plastique
    Interdiction de produire des produits en plastique à usage unique, information obligatoire sur la gratuité de l’eau potable dans les bars ou restaurants…
  4. La responsabilisation des producteurs
    Sensibiliser à l’éco-conception, fonds de soutien aux activités de réparation…

Comment réduire ses déchets en van aménagé ?

gérer ses déchets sur la route

Lorsque l’on voyage en van, on se rend compte que l’espace de vie est plutôt réduit. On apprend donc le minimalisme, à savoir se contenter de peu. Et c’est souvent en retrouvant cette façon de vivre qu’on apprend à consommer différemment, à gérer ses déchets sur la route et à réduire ainsi son impact sur l’environnement. Et si on consomme “comme un français” en van, on se rend vite compte de la quantité de déchets que nous produisons : la gestion de la poubelle peut alors devenir complexe. C’est pour ça qu’il faut apprendre à gérer ses déchets en van aménagé !

Tout d’abord pour limiter au maximum les emballages il est important de privilégier le vrac. Certes ce n’est pas toujours évident de trouver une épicerie ou un magasin de vrac mais dès que l’on peut il ne faut pas hésiter à franchir le pas. Ou à s’approvisionner directement chez le producteur du coin. Au besoin consultez Cartovrac pour trouver le magasin le plus proche de vous !

Bannissez également tous les produits jetables : vaisselle, lingettes… Pensez durable et long terme. Concernant les déchets putrescibles, provenant de la nourriture, vous pouvez vous équiper d’un petit compost ou tout simplement d’un seau. Ces déchets étant complétement dégradables, vous pouvez les rendre à la nature. Vous pouvez les déposer en pleine nature, en évitant la pollution visuelle (pour se faire il faut les enterrer un peu).

Et pour le recyclage du verre on fait comment en van ? On dépose dans les contenants spécialisés et si on ne veut pas accumuler des bouteilles dans son véhicule, on suit la bonne idée de Tiny is enough (à 3’50 mn) :

7 alternatives pour réduire ses déchets en van aménagé

zero déchet en van

Voici 7 alternatives de consommation pour rouler vers le zéro-déchet !

1. Bouteille en plastique <-> gourde

Stop aux bouteilles en plastique qui polluent plus que de raison ! On privilégie un contenant durable comme la gourde en inox. Selon le modèle elle peut faire 2 en 1 et vous servir de thermos ! Si vous hésitez, on vous conseilles les gourdes de chez La Petite Gourde qu’on a testé durant l’été 2020.

2. Sac en plastique <-> sac en tissu ou coton

Exit le sac en plastique polluant qui a une durée de vie de 20 mn mais qui met des siècles à se dégrader ! On fabrique ou on achète des tote-bags en tissu ou coton. Idem pour vos courses, vous pouvez vous équiper de petits pochons en coton ou de filets pour les légumes.

3. Supports jetables <-> supports lavables

Oubliez les cotons démaquillants en paquet de 100, l’éponge jaune et verte en paquet de 10 ou les rouleaux de sopalin aux 1 000 feuilles jetables. Et si vous passiez du côté lavable ? Vous trouverez aujourd’hui de nombreuses boutiques et petits créateurs qui confectionnent des carrés démaquillants, des éponges ou encore des produits absorbants qui sont tous lavables !

4. Gel douche plastique <-> gel douche solide

Le pas pour passer d’un gel douche/shampooing liquide à des produits solides n’est pas forcément évident mais une fois qu’on y a pris goût difficile de revenir en arrière ! Le savon solide est beaucoup plus écologique (zéro plastique). Pensez au biodégradable pour pouvoir vous “doucher” en pleine nature sans polluer l’environnement.

5. Film plastique <-> bee wrap

On a tous recours au film plastique pour recouvrir un plat ou un saladier dans lequel il reste de la nourriture. Une alternative écologique à ce plastique est le bee-wrap ! Simple morceau de tissu avec de la cire d’abeille pour le côté collant, il remplit le même rôle que son collègue en plastique.

6. Brosse à dent plastique <-> brosse à dent en bambou

Autre petit geste écologique que vous pouvez adopter dans votre salle de bain : remplacer votre brosse à dent en plastique pour une version en bambou, bois de hêtre… Si vous ne savez pas quel modèle choisir, voici un article qui pourrait vous aider.

7. Paille en plastique <-> paille en inox

Pour siroter vos cocktails préférés, n’oubliez pas de demander “sans paille” au bar et d’embarquer avec vous votre paille en inox réutilisable ! Les bars proposent désormais des pailles en fibres naturelles mais on avoue, la plupart se désagrègent rapidement (et ce n’est pas lié au pourcentage d’alcool !)

Et vous c’est quoi vos alternatives zéro déchet ?


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réduire ses déchets en van aménagé

Photo by Alexandra Nicolae on Unsplash / Photo de Polina Kovaleva provenant de Pexels
* Chiffes clés des déchets, 2019