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vanlifers #9 : Un voyage pour la planète, entre vanlife et écologie

vanlife et écologie

Nouveau portrait sur le blog consacré ce mois-ci à Landry et son aventure « Un voyage pour la planète ». A bord de son combi T2, Landry a parcouru l’Europe pour ramasser les déchets sur sa route. Préoccupation qui lui tient à cœur depuis longtemps : la préservation de notre planète et de notre environnement. Préoccupation que nous partageons car il n’existe qu’une seule planète Terre,. Entre road-trip, réveil des consciences et sauvetage d’un chien, embarquez avec nous pour un voyage entre vanlife et écologie !

 

Vanlife et écologie : un voyage pour la planète by Landry

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Un selfie tout en auto-dérision… ! © Un voyage pour la planète

Peux-tu te présenter rapidement ?

Salut, je m’appelle Landry, j’ai 31 ans, je vis actuellement en Vendée, mon département d’origine.

Que faisais-tu avant de te lancer dans ce tour d’Europe de l’écologie ?

Après des études en mécanique d’usinage et ingénierie mécanique, j’ai travaillé plusieurs années dans le secteur de l’industrie mécanique (automobile et autres).

Quel a été le déclic pour passer à l’action ?

J’ai toujours eu un penchant écolo, la protection de la planète devrait être innée pour tous, et je pensais qu’en travaillant au sommet de la création de produits ou machines, on réfléchirait à la fin de vie de nos fabrications. Et bien je me suis aperçu que non, dans l’industrie on y pense même pas. J’ai donc décidé de faire à ma façon, en commençant par faire un état des lieux.

As-tu toujours eu l’envie de tout faire pour préserver notre planète et notre environnement ?

Oui évidemment, moins dans le passé, car élevé comme beaucoup dans ce système de consommation. Mais oui j’ai toujours eu une conscience autour de ça.

Tu te définis comme un « éboutripeur » : qu’est-ce-que c’est ?

Éboutripeur, c’est un terme qui m’est venu durant le voyage. Rendre possible le voyage et la protection de notre environnement, en pratiquant une démarche zéro déchet, mais aussi en ramassant ceux des autres. J’ai vu tellement de touristes et voyageurs que si chacun d’eux faisait sa part, ça serait déjà un grand pas. Donc j’ai lancé ce terme du « trip » pour voyage et « ebou » pour éboueur. L’éboueur voyageur tout simplement.

 

Le tour d’Europe entre vanlife et écologie

En tout tu as parcouru 22 144 km à travers 22 pays, du sud de l’Europe au cercle polaire à bord d’un combi T2 de 1971. Comment as-tu choisi ce véhicule ? Quelle est son histoire ?

 J’ai choisi ce combi lors d’un précédent voyage au Canada. Ayant vécu plus de 2 ans là-bas, j’ai fait rapatrier mes affaires et ce joli souvenir d’Oregon, aux USA, par une société Canadienne spécialisée dans ce type de véhicule. J’ai toujours eu l’attirance des anciennes Volkswagens, c’est le véhicule mythique de l’époque hippie, la mécanique est facile, il est petit et bien aménagé, passe partout et ça bouille attire la curiosité. C’était donc le van qu’il me fallait pour ce voyage.

Comment as-tu aménagé ce van ?

Simplement mais efficacement : un évier et une cuisinière gaz, un clic-clac pour dormir la nuit et m’asseoir le jour, une table et même une petite douche à l’arrière du van. La seule chose qui m’a manqué, c’est un chauffage !!

Est-ce que la vie en van t’a plu ?

Oh que oui ! On se sent vraiment libre en van, même proche de chez soi. Chaque matin a son décor, de nouveaux voisins, bref, je pourrais y passer ma vie !

Comment as-tu choisi ton itinéraire ?

Je m’étais tracé un parcours que j’ai modifié au fur et à mesure de l’avancement du voyage. Finalement je me suis laissé guider par les locaux ou autres voyageurs. Mes seules conditions étaient d’atteindre le Cap Nord et le sud de la Grèce, le reste j’ai improvisé !

vanlife et écologie

© Un voyage pour la planète

Les chiffres sur ton blog sont effarants : 958 kg de déchets ramassé, 10 264 cigarettes ramassées, 191 600 sacs plastiques… l’Homme est effrayant non ?

Oh que oui, et c’est rien comparé à tout ce que j’ai pu voir ! Je me trouvais parfois seul devant des montagnes de déchets ou je n’avais aucun pouvoir ! L’homme est hallucinant, c’est le seul capable de fabriquer des choses qui vont mettre fin à son existence, et le plastique en fais partie. Pire encore, on va mettre fin à l’existence de beaucoup d’espèce avec nous ! Tout ça pour un confort complètement dérisoire et inutile. Les consciences sont très dures à changer !

 

Le pays où tu as ramassé le plus de déchets ? Le pays où tu as ramassé le moins de déchets ?

Celui ou j’en ai ramassé le plus c’est la Slovaquie, incontestablement ! Ça ne veut pas dire que c’était le pire, j’ai eu bien pire après mais j’ai dû laisser, car mon acte n’aurait eu aucun impact, les zones à nettoyer étaient trop importante. Le pays où j’en ai moins ramassé c’est la Finlande.

 

Au fil de ton voyage, qu’as-tu ressenti en voyant toujours plus de déchets sauvages ? As-tu eu des moments de découragements ?

Dans un projet comme celui-là, c’est parfois dur de garder le moral. Le ramassage de déchets devenait une obsession si bien que j’ai dû couper court au bout de 10 mois, pour ma santé. Côtoyer que le négatif ma fait perdre pas mal de kilos et m’a affaiblit psychologiquement. J’ai mis quand même un peu de temps à m’en remettre.

Es-tu satisfait de ton expérience ?

 Oui évidemment, ça m’a recentré sur beaucoup de choses, j’ai découvert des cultures, des paysages et d’autres façons de vivre. Ça m’a surtout guidé sur la place et l’impact que je devrais avoir sur cette planète.

 

Des conseils à donner pour ceux voulant se lancer dans une telle aventure ?

 Rien n’est facile, surtout le fait de tout quitter pour une aventure sans lendemain, mais ça vaut le coup d’être vécu !

 

Un voyage pour la planète : les projets d’avenir 

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© Un voyage pour la planète

Tu planches sur l’édition d’un livre. Peux-tu nous en dire plus ?

J’écris en effet un livre centré sur mon voyage avec des anecdotes, des conseils et le parcours que j’ai fait. Mais je l’oriente beaucoup sur les actions écologiques en voyage, les bons plans, les rencontres et tout ce qu’il faut pour entreprendre une telle aventure. Ce sera un livre illustré qui pourra servir à toutes personnes qui voyage, et pas simplement mon histoire.

 

Tu as participé au film Le Grand Saphir, récit imagé de plusieurs initiatives citoyennes pour préserver l’environnement. Dis-nous en plus !

Le Grand Saphir retrace différents projets sur la problématique des déchets sauvages avec, comme fil conducteur, le projet de Manu, qui a fait l’exploit sportif de rejoindre Toulon depuis Marseille à la nage en ramassant les déchets en Méditerranée ! C’est un documentaire de 50 minutes qui ne juge pas, ne donne pas de leçon de morale mais plutôt qui montre que l’on peut, à son échelle faire de belles actions, le tout sur un ton humoristique. Vraiment le documentaire est top !

Découvrez la bande-annonce ci-dessous :

Tu as créé ton atelier de recycleur fou ! Qu’est-ce-que c’est et qu’est-ce-que tu y fabriques ?

A mon retour je me suis lancé dans la fabrication des machines « precious plastic » dans le but de donner une seconde vie au emballage et déchets sauvages. Ce sont des machines de recyclage faites maison mais qui fonctionne bien. J’espère par la suite créer un vrai atelier communautaire où l’on y recycle le plastique, mais pas que !

 

Les questions de la fin !

*Tu pars toujours avec : mon chien, Kerkini, trouvée sous mon van en Grèce ! Elle porte le nom du lac ou je l’ai trouvée.

*Tu rêves de : un monde plus propre
*Le plus bel endroit vu : Undredal en Norvège
*La plus belle rencontre c’était avec : Martin, un voyageur argentin avec qui j’ai roulé 1 mois
*La plus grosse frayeur c’était quand : je me suis retrouvé sans eau, sans gaz et avec un moteur qui ne démarrait pas par -30 degrés au nord de la Suède
*Quelle est ta devise ? vis ta vie comme elle mérite d’être vécue
*Comment vois-tu l’avenir de la planète ? Malheureusement, je reste malgré tout pessimiste sur ce sujet, les pouvoirs publics ne prennent pas de décisions et les consciences sont trop lente à changer, mais j’espère avoir tort. Ça ne m’empêche pas d’avancer et d’essayer de changer les choses.

Suivez les aventures de Landry et Kerkini sur Facebook et Instagram ! Et pour connaître les projets de recyclage, c’est par ici !



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Crédits photos : un voyage pour la planète