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Économie collaborative : quoi de nouveau dans le tourisme de plein air ?

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Économie collaborative, collaboration participative, économie du partage ou encore sharing economy pour les plus anglophones d’entre nous… Autant de termes pour désigner ce mode de consommation qui prend de plus en plus d’ampleur. Cette nouvelle forme d’économie est partie du constat que nous possédons tous des biens que nous n’utilisons pas toute l’année : planche de surf, fourgon aménagé, tente, paire de ski… Il faut se rendre à l’évidence, nous pourrions faire un usage partagé de ces objets et ainsi partager les plaisirs des sports en plein air, road trip ou autre… L’économie collaborative s’est bien installée dans le tourisme avec notamment le géant Airbnb, que tout le monde connait ou a utilisé.
Décryptage de la tendance dans le tourisme de plein air !

 

Économie collaborative : des chiffres qui parlent !

Qu’est-ce qui pousse les personnes à avoir recours aux services de l’économie collaborative ? Savez-vous que la France est championne de l’économie collaborative avec les États-Unis ? Pour beaucoup, il s’agit de découvrir et d’expérimenter de nouvelles activités, moyens de transport ou typologies de voyage. Mais c’est aussi un bon moyen de faire de nouvelles rencontres et de répondre à des préoccupations d’ordre environnementales et sociétales. Voici quelques chiffres qui pourraient vous intéresser :

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Économie collaborative dans le tourisme de plein air

Qu’en est-il dans le secteur du tourisme de plein air ? Des nouveautés ont-elles émergées ? Ha ça oui ! Rien que dans le secteur de la mobilité et du transport, pas moins de 3 nouvelles structures ont vu le jour pour proposer des services innovants aux voyageurs et campeurs !

 

Acheter à plusieurs a le vent en poupe !

Au rayon possession de véhicule (van, fourgon aménagé, camping-car…) et vacances partagées il y a du monde : Wanago, Splity ou encore Camping-Quart !
 

  • Wanago : l’offre pour les neonomades !

Première plateforme collaborative solidaire d’achat, d’aménagement et de réparation de van ou fourgon. Vous souhaitez acquérir le fourgon de vos rêves mais il vous manque de l’argent ? Inscrivez votre projet sur le site de Wanago et partagez votre futur véhicule avec les contributeurs. Chaque personne finançant le projet se voit octroyer un temps d’utilisation du véhicule. Simple participant ou porteur de projet, vous avez le choix.

Plus qu’une plateforme, c’est une réelle expérience hors du temps que nous proposons sur Wanago

Retrouvez d’ailleurs notre interview de Wanago en bas de cet article !

  • Splity : la propriété partagée

Splity est un savant mélange entre le caravaning, l’expérience du voyage et la bonne humeur ! L’objectif de la Split’Team ? Rendre le voyage en camping-car ou fourgon aménagé plus économique et donc plus accessible. Les avantages de cette formule : vous ne vous occupez de rien ! Avec une assurance tout risques, une assistance, un gardiennage et un entretien, une gestion de la revente ou encore des services de gérances, Splity vous ouvre les portes de votre prochain van ! Profitez également de leurs conseils et astuces via leur blog.

Ensemble, nous pouvons faire des économies imbattables et profiter d’une rentabilité incroyable grâce à l’achat à plusieurs !

  • Camping-Quart, l’offre du réseau SLC

Le leader du caravaning dans le grand ouest de la France emprunte la route de l’économie collaborative avec Camping-Quart, proposant ainsi une nouvelle manière de voyager aux vacanciers. Avec Camping-Quart, vous devenez propriétaire d’un véhicule neuf 10 semaines par an avec un système annuel de rotation efficace. Pour une durée de 3 ou 5 ans et à partir de 189 € par mois, accédez à votre rêve de posséder votre propre véhicule. Système clés en main : assurance, entretien du véhicule, véhicule neuf tous les deux ans, revente des semaines non-utilisées…

Le camping-quariste est à l’affût des bonnes affaires et des nouvelles façons de consommer malin, il aime parcourir les routes au gré de ses envies

Avec toutes ses solutions, plus aucunes raisons de ne pas choisir le van ou le fourgon aménagé pour vos prochaines escapades !

 

L’économie collaborative et les activités

Le matériel utilisé pour une pratique sportive rayonne également dans l’économie collaborative.

  • Spinlister : louer son vélo, surf ou snow 

Le site Spinlister propose aux utilisateurs de partager leurs vélos, surfs ou snowboards et de gagner jusqu’à 500$ par mois ! Disponible dans plusieurs villes de monde grâce à sa carte de géolocalisation, équipez-vous pour vos prochaines activités à moindre frais ! Exemple : en moyenne entre 10 et 15 € pour un vélo à Paris (tout dépend du matériel).

 

Wanago : je veux y aller ! 

Ratant l’occasion de rencontrer l’équipe de Wanago au salon du Bourget 2017, nous avons voulu savoir qui se cachait derrière cette nouvelle idée issue de l’économie collaborative. Au poste de commande : Maël Fabien, 20 ans, étudiant en sciences actuarielles en Suisse et Kyle Ogaard, 20 ans, étudiant en sciences de la communication. Coup de jeune sur l’entrepreneuriat donc !

économie collaborativePourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Wanago est la première plateforme d’achat et d’aménagement solidaire de van/fourgon/camping-car. Lorsque quelqu’un souhaite acheter, aménager ou réparer un véhicule mais qu’il lui manque de l’argent, il dépose un projet sur le site www.wanago.fr. Il indique le modèle concerné, la somme qui lui manque pour pouvoir concrétiser son projet, et les dates auxquelles il n’utilisera pas son véhicule dans les 12 premiers mois. Une fois le projet sur la plateforme, des locataires sélectionnent une des dates disponibles et versent la somme correspondante. Avec l’argent de tous les locataires, l’acheteur peut concrétiser son rêve et acheter/aménager/réparer son véhicule pour bien moins cher. Les locataires bénéficient quant à eux d’un tarif moins cher que la location professionnelle et d’un véhicule tout droit sorti de concession. Toutes les réservations sont couvertes par des assurances MAIF, et si la somme demandée par l’acheteur n’est pas atteinte, aucun contributeur n’est débité.

Comment est née cette idée « d’achat commun » d’un van, fourgon… ? L’évolution de nos sociétés, de plus en plus tournées vers l’économie collaborative, est-il un plus ?

Tout est parti d’une conversation avec un ami. Il me confie que sa voiture vient de lâcher et qu’il souhaite en changer. J’étais fan de financement participatif à ce moment-là, et je lui dis en plaisantant : « Dépose un projet sur Kickstarter, tu trouveras bien des gens pour te donner de l’argent ! ». En y repensant quelques semaines plus tard, je me suis dit qu’il suffisait d’offrir la bonne contrepartie : pouvoir louer le véhicule qu’on a aidé à financer. Et c’est comme ça que Wanago est né. L’économie collaborative est une réelle opportunité. Alors que les courants majeurs de l’économie tendent vers une individualisation des services, et on a profité de cette vague qui surfe à contre-courant. Il y a des dizaines d’acteurs géniaux dans ce secteur, dont quelques-uns dans le marché du van. On partageait les valeurs de ce marché, et on est persuadés que notre solution innovante y trouvera sa place.

Avez-vous fait une étude de marché avant de lancer Wanago ? Avez-vous constaté un manque ou un besoin dans la communauté des vanlifers ?

Wanago a été lancée à la suite d’un concours entrepreneuriat, le Concours Start Lausanne, organisé par une association universitaire sur mon campus. On s’est hissés en finale après un pitch, un business model et un business plan ainsi que de nombreux ateliers. Ça m’a donné le goût de l’entrepreneuriat, et un peu d’argent pour lancer le projet. Donc on est allés au contact des acteurs du marché. Des clients actuels aux clients potentiels en passant par les fabriquant et les distributeurs. Le marché du van a l’avantage d’être relativement petit, et proportionnellement, on peut avoir bien plus d’impact. On a simplement constaté que sur ce marché, sans parler de manque, il y avait de la place pour une solution comme celle-là. On cherche à apporter une alternative collaborative à ce qui existe déjà, plus humaine et plus solidaire.

Vous parlez d’ailleurs de « neonomade » pour évoquer votre cible. Qui sont-ils pour vous ?

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Le neonomade, c’est un voyageur conscient. Conscient des opportunités de voyager qui lui sont offertes, conscient de la proximité avec la nature et des enjeux cruciaux qui y sont attachés, conscient de l’importance de ces moment simples en famille, conscient que chacun peut vivre son rêve, conscient que l’humain primera toujours sur le reste, conscient qu’il ne connaît rien et a tout à découvrir.

Vous étiez présents au salon du Bourget en octobre 2017. Cela vous a-t-il plu ? Qu’est-ce que cela vous a apporté ?

Le Salon du Bourget était une très belle expérience. On a rencontré de nombreux visiteurs. En développant une plateforme web comme la nôtre, on a tendance à rester la plupart du temps derrière nos écrans. Dans un sens c’est génial : on travaille où on veut, quand on veut. Mais en même temps, on finit vite par perdre la proximité avec le client final. Ce salon nous inspire aussi beaucoup pour nos développements futurs. D’ailleurs, certaines idées suggérées par des visiteurs se retrouveront incorporées dans la V2 de notre site !

Vous êtes très jeunes ! N’avez-vous pas eu peur en lançant votre entreprise ? Bénéficiez-vous de soutiens ?

L’âge est un atout. On est jeunes, en formation ou tout juste diplômés et on vit une aventure incroyable. On ne peut qu’apprendre et s’amuser. Alors forcément, pour certains, c’est un frein. On le sent tout de suite dans un rendez-vous quand l’interlocuteur n’a pas confiance et qu’il juge qu’on est trop jeunes. C’est un sacré défi, mais dans ces cas-là, on essaye toujours d’imposer un pied d’égalité par la réflexion, la vision et le culot. Notre premier soutien reste notre famille. Que ce soit sur le plan psychologique ou stratégique, ils sont là quand on en a besoin, et ça permet d’avancer et de surmonter de nombreux obstacles. Au gré des rencontres, on a commencé à travailler avec PSA, puis Westfalia, puis la MAIF… et on commence à développer notre réseau de concessionnaires partenaires.

Êtes-vous satisfaits du premier projet sur votre site ?

Très. Alors oui, on peut toujours mieux faire, on aurait pu rajouter ça sur le site, changer ça, penser à ça avant… C’était un projet très enrichissant, qui nous a permis de passer de la théorie à la pratique. On a rencontré un couple de voyageurs très ouverts et on a échangé beaucoup, sur la plateforme comme sur leurs projets futurs. On est ravis de pouvoir découvrir des projets au fur et à mesure, participer à la construction du rêve de certaines personnes.

Quels sont vos plans d’avenir et quelle évolution pour Wanago ?

En novembre, on lancera deux nouveaux projets. A moyen terme, on souhaite vraiment devenir un acteur important de ce milieu, continuer à développer des partenariats, optimiser nos outils. On a également un blog interactif sous forme de carte qu’on aimerait pouvoir promouvoir, et on sortira probablement une application dans l’année !

Les questions de la fin : 3 mots qui définissent la notion de voyage pour vous. Quelle est votre devise ?

Passion, découverte, ouverture ! Notre devise :  Alors, Wanago ?

 

Et vous, connaissez-vous d’autres sites ou applis issus de l’économie collaborative ?

Source : Étude ADEME sur les pratiques collaboratives